Entrées et tapas, cuisine française
Tartare de thon à l'avocat, citron vert et sésame
Des dés de thon albacore cru et d'avocat Hass, assaisonnés au dernier moment de citron vert, de gingembre, de sauce soja et d'huile de sésame. La recette est rapide, mais la sécurité compte : poisson prévu pour être mangé cru, congelé sept jours chez soi, gardé au froid.

La fiche recette
- Préparation
- 25 min
- Total
- 25 min
- Pour
- 4 personnes (en entrée)
- Difficulté
- moyenne
Ingrédients
Par portion
- Énergie
- 330 kcal
- Lipides
- 23 g
- Glucides
- 2 g
- Fibres
- 4 g
- Protéines
- 27 g
Valeurs estimées d'après la table Ciqual de l'Anses.
Étapes
- Mettre le thon au froid. Sortez le thon décongelé du réfrigérateur au dernier moment. Gardez la planche, le couteau et les bols au froid, et lavez soigneusement vos mains, la planche et le couteau avant de commencer.
- Préparer les aromates. Épluchez l'échalote et ciselez-la très finement. Hachez la coriandre. Râpez le gingembre épluché. Pressez les citrons verts, prélevez le zeste d'un demi-citron.
- Tailler le thon. Avec un couteau bien aiguisé, parez le thon pour retirer les parties nerveuses, puis taillez-le en dés de 1 cm. Réservez-le au réfrigérateur dans un bol froid.
- Préparer la sauce. Dans un petit bol, mélangez l'huile de sésame, l'huile d'olive, la sauce soja, le zeste, la moitié du jus de citron vert, le gingembre et l'échalote.
- Tailler l'avocat. Coupez les avocats en deux, retirez le noyau, prélevez la chair et taillez-la en dés de 1 cm. Arrosez-la du reste du jus de citron vert.
- Assembler à la dernière minute. Versez la sauce sur le thon, ajoutez la coriandre, salez à la fleur de sel, poivrez et mélangez délicatement. Incorporez l'avocat en dernier, en soulevant la préparation à la cuillère.
- Dresser et servir. Posez un cercle de dressage sur chaque assiette, tassez-y le tartare en couche régulière, démoulez, parsemez de sésame et servez immédiatement, bien froid.
Le tartare de thon à l’avocat se prépare en vingt-cinq minutes, sans cuisson : des dés de thon albacore cru, des dés d’avocat Hass, un assaisonnement de citron vert, de gingembre, de sauce soja et d’huile de sésame, le tout dressé à l’assiette et servi bien froid. Mais un poisson cru n’est pas un aliment comme les autres. Il faut l’acheter destiné à être mangé cru, le congeler sept jours chez soi avant de le tailler, le garder au froid et le servir aussitôt. Ces règles tiennent en quelques lignes, plus bas.
Pourquoi l’avocat et le thon s’entendent si bien
La force de cette entrée tient à un contraste de textures et de matières grasses. Le thon albacore est un poisson maigre : la table Ciqual de l’Anses lui attribue 108 kcal et 0,94 g de lipides pour 100 g. L’avocat, à l’inverse, apporte 205 kcal et 20,6 g de lipides pour 100 g. Dans l’assiette, les deux se complètent : la chair ferme et légèrement iodée du thon trouve dans la pulpe onctueuse de l’avocat le moelleux qui lui manque.
Cette alliance n’a rien de nouveau. Dans nos California rolls maison au surimi et à l’avocat, l’avocat joue le même rôle : celui d’un substitut crémeux, que certains récits attribuent à un chef de Los Angeles qui l’aurait utilisé à la place du thon gras. Ici, on retrouve les deux ingrédients dans la même assiette, sans passer par le riz ni le roulage.
Le citron vert, le gingembre et la coriandre relèvent l’ensemble d’une fraîcheur nette. L’huile de sésame, utilisée à la cuillère, donne une note grillée qui évoque la cuisine d’Extrême-Orient, tandis que l’huile d’olive arrondit le tout. Le sésame grillé, parsemé à la fin, apporte un peu de croquant à un plat sans cuisson.
Les règles de sécurité du poisson cru
C’est la partie la plus importante de la recette, et nous la détaillons avant de parler des ingrédients. Tout ce qui suit s’appuie sur deux pages du ministère de l’Agriculture, que nous avons lues : « Manger cru : quels sont les risques et comment les éviter ? » et « Le parasitisme des produits de la pêche ».
Le danger principal : les anisakis. Le poisson sauvage peut contenir des anisakis, des petits vers responsables de troubles digestifs graves. Selon les espèces et les lieux de pêche, 15 à 100 % des poissons sauvages de mer sont parasités, et la page du ministère précise que « toutes les espèces sont susceptibles de contenir ces parasites ». Elle ne cite pas le thon dans sa liste d’exemples, mais ne l’exclut pas : par prudence, nous traitons donc le thon comme n’importe quel autre poisson sauvage.
Les symptômes surviennent après l’ingestion de larves vivantes, qui peuvent se fixer sur la paroi digestive. Ils vont de manifestations pseudo-ulcéreuses, quelques heures après le repas, jusqu’à l’occlusion. Des allergies, de l’urticaire au choc anaphylactique, ont aussi été rapportées. En France, environ dix cas humains sont recensés chaque année, parfois très graves, avec des perforations de l’estomac ou des péritonites. Cela reste rare, mais la gravité justifie une précaution simple.
La précaution qui marche : le froid. D’après le ministère, seules la congélation et la cuisson à cœur tuent les anisakis. Une marinade au citron ou aux aromates « n’est pas efficace ». Autrement dit, le jus de citron vert de cette recette parfume le tartare, il ne l’assainit pas. Pour un usage domestique, la consigne est de congeler le poisson pendant sept jours dans un congélateur domestique, à -18 °C. Les professionnels, eux, doivent respecter un traitement à -20 °C ou -35 °C : la page « Parasitisme » parle d’au moins 24 heures à -20 °C ou 15 heures à -35 °C, alors que la page « Manger cru » recommande 48 heures à -20 °C. Les deux pages ne disent donc pas tout à fait la même chose pour les professionnels. Pour vous, la règle reste claire : sept jours chez soi.
En pratique, il y a deux façons de faire :
- acheter un thon déjà congelé et destiné à être consommé cru, ce que votre poissonnier peut vous indiquer, puis le décongeler au réfrigérateur ;
- acheter un thon frais et le congeler soi-même pendant sept jours, puis le décongeler lentement au réfrigérateur.
Dans les deux cas, demandez conseil à votre poissonnier : le ministère le recommande expressément, et il saura vous dire si le poisson a déjà subi un traitement par le froid.
La chaîne du froid. Les produits de la pêche doivent être conservés « dans la partie la plus froide du réfrigérateur, à une température maximale de +4 °C ». Si le poisson n’a pas été vidé à l’achat, il faut le faire immédiatement, puis le consommer le plus vite possible. Pour un tartare, cela signifie : décongeler au réfrigérateur, tailler au dernier moment, assaisonner juste avant de servir.
Qui doit s’abstenir ? Les femmes enceintes, les personnes âgées, les jeunes enfants et les personnes immunodéprimées doivent « éviter la consommation de poissons crus, crustacés et mollusques crus ou simplement marinés ». Pour celles et ceux qui attendent un enfant, notre dossier sur l’avocat pendant la grossesse et la diversification de bébé détaille ce que l’on peut manger sans crainte. Ce tartare n’en fait pas partie. Pour ces convives, servez plutôt un poisson cuit à cœur : le ministère donne comme repère au moins une minute à 60 °C à cœur, la chair ne devant pas être rose à l’arête.
Quel thon choisir : albacore ou thon rouge
Pour un tartare, le goût et la texture dépendent beaucoup de l’espèce. La table Ciqual permet de comparer les deux thons crus les plus courants en poissonnerie :
| Thon cru | Énergie pour 100 g | Lipides pour 100 g | Protéines pour 100 g |
|---|---|---|---|
| Albacore ou thon jaune | 108 kcal | 0,94 g | 25 g |
| Thon rouge | 155 kcal | 6,81 g | 23,3 g |
Le thon rouge est plus gras et plus fondant. L’albacore, plus maigre, donne un tartare plus ferme et plus net, que l’avocat rend crémeux. C’est celui que nous avons retenu, et c’est celui que nous vous conseillons pour cette recette. Quelle que soit l’espèce, la couleur doit être vive, la chair brillante et ferme, l’odeur marine mais jamais forte. Si vous hésitez, fiez-vous au conseil du poissonnier.
Les ingrédients, un à un
Pour quatre entrées, il vous faut 400 g de thon, soit 100 g par personne, ce qui est généreux pour une entrée. Si vous servez le tartare avec une salade ou des toasts, vous pouvez descendre à 80 g par personne.
L’avocat doit être un Hass bien mûr, dont la chair cède sous la pression du pouce. Un fruit trop ferme donnera des dés durs qui ne se marient pas avec la chair tendre du thon. Si vos avocats ne sont pas prêts, notre guide pour choisir et faire mûrir un avocat explique comment les mûrir en quelques jours.
Le gingembre se râpe finement, pour ne laisser aucun fil dans la bouche. L’échalote se ciselle très fin : cru, elle doit se fondre dans la sauce sans croquer. Le citron vert est employé de deux façons, en jus pour la sauce et pour arroser l’avocat, et en zeste pour le parfum. La coriandre est facultative : si vous n’en aimez pas le goût, remplacez-la par de la ciboulette.
Enfin, la sauce soja est salée. D’après la table Ciqual, elle contient environ 18,6 g de sel pour 100 g. Deux cuillères à café suffisent, et il faut goûter avant de saler davantage à la fleur de sel.
Préparer le tartare pas à pas
Commencez par préparer tous vos accompagnements, thon excepté. Ciselez l’échalote, hachez la coriandre, râpez le gingembre, pressez les citrons verts et prélevez le zeste d’un demi-citron. Mélangez dans un petit bol les huiles de sésame et d’olive, la sauce soja, le zeste, la moitié du jus de citron vert, le gingembre et l’échalote : c’est votre sauce, qui peut attendre quelques minutes au frais.
Sortez ensuite le thon du réfrigérateur. Lavez-vous soigneusement les mains, ainsi que la planche et le couteau. Avec un couteau bien aiguisé, parez le thon pour retirer les parties nerveuses ou foncées, puis taillez-le en dés de 1 cm. Un couteau qui ne coupe pas écrase la chair et donne un tartare pâteux : au besoin, affûtez-le avant. Remettez les dés dans un bol froid, au réfrigérateur, le temps de tailler l’avocat.
Coupez les avocats en deux, retirez le noyau, prélevez la chair à la cuillère et taillez-la en dés de 1 cm. Arrosez-les aussitôt du reste du jus de citron vert pour limiter le noircissement.
Il reste l’assemblage, qui se fait à la dernière minute. Versez la sauce sur le thon, ajoutez la coriandre, salez à la fleur de sel et poivrez, puis mélangez doucement. Incorporez l’avocat en dernier, en soulevant la préparation plutôt qu’en la tournant, pour garder des dés bien distincts. Dressez dans des cercles de dressage posés sur des assiettes, tassez légèrement, démoulez, parsemez de sésame grillé et servez immédiatement.
Dresser, accompagner et servir
Servi seul, le tartare se suffit en entrée. Pour un repas plus complet, accompagnez-le de tranches de pain grillé, de chips de légumes ou de quelques feuilles de salade assaisonnées d’un filet d’huile d’olive. Une salade de concombre fine, relevée d’un peu de citron vert, ajoute de la fraîcheur.
Pour composer un menu thématique, pensez à notre ceviche d’avocat et de crevettes, une autre entrée fraîche et acidulée qui joue sur le citron. Les crevettes y sont cependant saisies avant d’être marinées, ce qui n’est pas le cas ici : le tartare reste un plat à base de poisson cru, avec les précautions que cela implique.
Quant aux boissons, un vin blanc sec et vif, un thé vert glacé ou une eau pétillante citronnée accompagnent bien ce plat. Servez le tartare dans les minutes qui suivent l’assemblage, sur des assiettes qui ont séjourné au réfrigérateur.
Variantes possibles
Le tartare accepte plusieurs variations. Le tableau suivant récapitule les plus simples, dont aucune ne modifie les règles de sécurité :
| Variante | Ce qui change | À savoir |
|---|---|---|
| Thon rouge | Chair plus grasse et plus fondante | Mêmes précautions, prix plus élevé |
| Ciboulette à la place de la coriandre | Goût plus doux | Pratique si la coriandre ne vous plaît pas |
| Piment d’Espelette | Une pointe de chaleur | Quelques pincées suffisent |
| Sans poisson cru | Dés d’avocat et de concombre, même sauce | Proposition de la rédaction pour les convives qui doivent éviter le cru |
| Mangue | Quelques dés de mangue mûre | Ajoute de la douceur ; réduisez un peu le citron |
Erreurs fréquentes
Les erreurs les plus courantes, sur ce plat, relèvent de la sécurité autant que du goût :
- Compter sur le citron pour « cuire » le poisson. Le ministère de l’Agriculture est clair : une marinade n’est pas efficace contre les parasites. Seules la congélation et la cuisson à cœur le sont.
- Oublier la congélation. C’est l’étape la plus facile à sauter et la plus importante : sept jours à -18 °C pour le poisson congelé chez soi.
- Assaisonner trop tôt. L’acidité blanchit la chair et la texture se fige : mélangez au dernier moment.
- Servir un tartare tiède. Le plat doit rester bien froid : gardez les bols et les assiettes au réfrigérateur.
- Tailler en dés irréguliers. Des morceaux inégaux donnent une texture hasardeuse : cherchez des dés de 1 cm.
- Écraser l’avocat. Il doit rester en dés distincts, ajouté en dernier et mélangé en soulevant.
Préparer à l’avance et conserver
Ici, la réponse tient en un mot : ne le faites pas. Un tartare de poisson cru n’est pas un plat que l’on prépare la veille, ni même plusieurs heures avant. Les produits de la pêche se conservent à +4 °C au plus et se consomment le plus vite possible. Ce que vous pouvez préparer à l’avance, c’est l’ensemble des éléments qui ne contiennent pas de poisson : la sauce, l’échalote ciselée, la coriandre hachée, le gingembre râpé, le citron pressé. Gardez-les couverts au réfrigérateur et assemblez au moment du service.
Si vous recevez, laissez le thon décongelé au fond du réfrigérateur jusqu’à la dernière minute et ne le taillez qu’au moment de dresser. Les restes éventuels, déjà assaisonnés et laissés à température ambiante, ne se conservent pas : jetez-les plutôt que de risquer une intoxication.
Ce qu’apporte une portion
Une portion représente le quart de la recette, servie en entrée. D’après notre calcul sur la table Ciqual 2020 de l’Anses, elle apporte environ 330 kcal, 23 g de lipides, 2 g de glucides, 4 g de fibres et 27 g de protéines. Le thon fournit l’essentiel des protéines, l’avocat et les huiles l’essentiel des lipides. Le calcul retient 400 g de thon albacore cru, 300 g de pulpe d’avocat, 10 g d’huile de sésame, 10 g d’huile d’olive et 10 g de sauce soja, en négligeant les herbes et le sel.
Pour un repas plus léger ou plus copieux, ajustez la quantité de thon : comptez environ 80 g par personne en entrée avec du pain, et 150 g en plat avec une salade. Enfin, n’oubliez pas que la recette ne convient pas à toutes les personnes : relisez la section sur la sécurité avant d’inviter des convives fragiles.
Questions fréquentes
C'est la recommandation officielle pour le poisson sauvage. Le ministère de l'Agriculture indique que seules la congélation et la cuisson à cœur tuent les anisakis, et qu'une marinade au citron ou aux aromates n'est pas efficace. Chez soi, il recommande sept jours dans un congélateur domestique à -18 °C. La page consacrée aux parasites précise que toutes les espèces sont susceptibles d'en contenir, sans nommer le thon : par prudence, nous appliquons la même règle.
Non. Le jus de citron blanchit la surface des dés, mais il n'élimine pas les parasites : le ministère de l'Agriculture est clair sur ce point, une marinade au citron ou aux aromates n'est pas efficace contre les anisakis. C'est pourquoi la sécurité repose sur la congélation préalable et sur la chaîne du froid, jamais sur l'assaisonnement.
Non. Les femmes enceintes, les personnes âgées, les jeunes enfants et les personnes immunodéprimées doivent éviter les poissons crus ou simplement marinés, d'après le ministère de l'Agriculture. Pour elles, remplacez le thon par une préparation cuite à cœur, par exemple un tartare d'avocat et de concombre, ou un poisson cuit puis refroidi, avec la même sauce.
Le moins possible. Les produits de la pêche se conservent dans la partie la plus froide du réfrigérateur, à +4 °C au maximum, et se consomment le plus vite possible. Pour un tartare, nous recommandons de l'assaisonner et de le servir tout de suite, sans le préparer à l'avance, et de jeter les restes.
L'albacore, ou thon jaune, offre une chair ferme, maigre et peu grasse, avec environ 108 kcal et 0,94 g de lipides pour 100 g d'après la table Ciqual. Le thon rouge est nettement plus gras, avec 155 kcal et 6,81 g de lipides. Dans les deux cas, demandez à votre poissonnier un poisson destiné à être consommé cru et précisez-lui l'usage.
À cuisiner ensuite
Toutes les recettes
Gaspacho d'avocat, concombre et menthe
Un gaspacho à l'espagnole où l'avocat remplace une partie du pain pour la rondeur : tomates mûres, concombre, poivron vert, ail, menthe et citron vert sont mixés avec un trait d'huile d'olive. Il se prépare en quinze minutes, sans cuisson, et se sert très froid en entrée ou en déjeuner léger.
1 h 15 minfacile

Avocat farci au poulet poché et à la mayonnaise
Des demi-avocats garnis d'un poulet poché dans un bouillon aromatique, effiloché et lié à la mayonnaise, puis décorés d'olive et de poivron rouge. Comptez 20 minutes de préparation, 30 minutes de cuisson douce et un quart d'heure de refroidissement.
1 h 5 minfacile

Ceviche avocat et crevettes, citron vert et gingembre
Des crevettes saisies deux minutes puis marinées trente minutes dans les jus de citron, avec oignon rouge, piment et gingembre, reçoivent au dernier moment des dés d'avocat et de concombre. Servi très frais avec une patate douce tiède, c'est une entrée péruvienne vive et crémeuse à la fois.
1 h 15 minfacile